Article rédigé par
Daniela Vancic
European Policy and Advocacy Lead
vancic@democracy-international.org
Democracy International salue l'analyse sans détours des menaces qui pèsent sur la démocratie européenne présentée par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dans son discours sur l'état de l'Union européenne 2026, mais appelle à faire preuve de plus d'ambition et à prendre des mesures concrètes pour renforcer la participation des citoyens et la résilience démocratique dans toute l'Union européenne.
S'adressant au Parlement européen, Mme von der Leyen a évoqué sans détour les menaces, tant internes qu'externes, qui pèsent sur la démocratie européenne, notamment la désinformation, l'ingérence étrangère et la montée en puissance des forces antidémocratiques et anti-européennes au sein de l'Union. Elle a également souligné la nécessité de renforcer le lien entre les financements de l'UE et le respect de l'État de droit dans le prochain budget à long terme de l'Union.
Toutefois, le discours s'est montré beaucoup plus clair sur le diagnostic de la démocratie européenne que sur la suite des événements. À un peu plus de deux ans de la fin du mandat actuel de la Commission, la Le discours sur l'état de l'Union a été l'occasion de présenter des réformes et des initiatives démocratiques concrètes pour les années à venir . En revanche, le discours n'a guère donné de précisions sur les mesures concrètes que l'UE compte prendre pour renforcer la démocratie et donner aux Européens davantage voix au chapitre dans les décisions prises entre les élections.
« Mme von der Leyen a dressé un diagnostic sans concession des défis auxquels est confrontée la démocratie européenne, mais le discours sur l’état de l’Union européenne ne peut se limiter à un simple état des lieux de la démocratie. Il devrait également indiquer aux Européens ce que la Commission compte faire pour y remédier. On a beaucoup entendu parler de la nécessité de défendre la démocratie, mais beaucoup moins de la manière dont les citoyens seront mis en mesure d’y participer. La prochaine étape doit consister à transformer cette rhétorique en réformes démocratiques concrètes », déclare Daniela Vancic, responsable des politiques européennes et du plaidoyer chez Democracy International
Democracy International se félicite de l’annonce de la création d’un nouveau Congrès de l’Europe chargé de réfléchir à l’avenir de l’Europe. Toutefois, un Congrès destiné à façonner l’avenir démocratique de l’Europe ne devrait pas laisser les citoyens en marge. Democracy International plaide pour que sa conception intègre une forte dimension participative, accordant aux citoyens de toute l’Europe un rôle significatif aux côtés des experts, de la société civile et des acteurs politiques.
Democracy International salue également l’engagement pris par la Commission d’adopter une recommandation visant à interdire les pratiques de conversion en 2027, à la suite de l’initiative citoyenne européenne soutenue par 1,1 million d’Européens. Bien que Democracy International ait déjà appelé à une réponse plus ferme à cette initiative, cet engagement public renouvelé constitue une reconnaissance importante du fait que la mobilisation citoyenne par le biais d’une initiative citoyenne européenne doit déboucher sur un suivi politique concret.
Comme l'indique la lettre d'intention de la Commission elle-même, « le destin de l'Europe doit rester entre les mains des Européens ». Pour tenir cette promesse, il faut non seulement protéger la démocratie contre ceux qui cherchent à la saper, mais aussi offrir aux Européens de réelles possibilités de participer à la construction de son avenir .